J'ai beau avoir le sentiment de manquer de temps pour ma vie personnelle, j'ai également le sentiment, et l'envie peut-être, d'avoir du temps à perdre au travail. Alors je vais en faire profiter le monde entier. Mon altruisme m'émeut.
Avant-hier soir, avec quelques roublards de la première heure, mené par le plus roublard des quatre, je suis allé au Harry's New York Bar, un petit piano-bar-à-cocktail avec une ambiance feutrée, boisée et doucement classouille.
On se laissera impressionner par le style, la cave et le barman qui vous indique aimablement mais fermement que le blazer sera sur vos épaules ou au vestiaire, mais en aucun cas sur le dossier de la chaise, ça ne se fait pas. On appréciera également le joueur de piano, avec un verre posé négligemment sur le rebord, comme dans les films. On feuillètera nonchalamment la carte plutôt très bien fournie, en cocktails et whiskies de qualité. Bien entendu, on relira plusieurs fois la petite note à la recherche d'une inespérée erreur de calcul, avant de sortir, docile, son argent.
Au final, on en sort avec une impression agréable, un peu suranné et snob certes, mais agréable tout de même. Et puis après quelques recherches sur Internet, on découvrira que c'est là-bas que le Bloody Mary a été inventé en 1921, que c'est là-bas que Gershwin composa "Un Américain à Paris" et que c'est là-bas que je bus mon premier Tormore.
Etonnant, non ?